Le sujet que j’aborde ce soir trouve parfaitement écho dans l’actualité puisque nous sommes en pleine Fashion Week ! S’il a été soulevé maintes et maintes fois, les questions qui en ressortent ne trouveront pas toujours de réponse.

Qui n’a jamais lu ou entendu cette phrase « la mode est un éternel recommencement », lève la main ! Tout le monde l’a entendue ou lue formulée avec une intention positive ou négative. Les possibilités créatives seraient-elles limitées ? Ne ferons-nous donc jamais mieux que par le passé ? Devons-nous nous résigner à le recycler sans cesse ?

Comme je l’écrivais dans mon article Doit-on suivre les tendances ?, le concept de « saisons » a réellement vu le jour avec les propositions deux fois par an de la Haute couture après la Seconde Guerre mondiale. Si les modes et les tendances étaient autrefois insufflées par les élites (le souverain, la cour), ce sont aujourd’hui les professionnels du milieu, les divers magazines et les célébrités qui les lancent. Les couleurs et les coupes de la saison prochaine sont établies dans les bureaux de tendance. Si la façon dont les tendances y sont réellement déterminées reste assez floue, nous savons que cette saison printemps-été sera définitivement 80′ ! Du volume exagéré, des manches ballon, des épaules XXL, des volants, des couleurs, du rose bonbon, des paillettes…. tout cela n’étant pas pour me déplaire, bien au contraire !

Mais est-ce que l’Homme, l’être humain, au fil des âges ne seraient attirés que par des choses semblables et périodiquement s’en lasseraient pour aborder d’autres tendances ? On passe du feu d’artifice des années 80 au minimalisme androgyne des années 90, du color block à la sobriété. Et ce même feu d’artifice ne le retrouvait-on pas dans le baroque de la cour du roi soleil ? Ne se trouve-t-on pas dans une alternance des genres que l’on retrouve aussi en politique ? Et c’est exactement le même fonctionnement lorsque l’on parle de la beauté des femmes, de la femme pulpeuse des tableaux classiques à la brindille iconique actuelle de nos sociétés occidentales.

Alors quoi, nous aurions en fait atteint nos limites créatives ? Seules les évolutions techniques et technologiques apporteraient de temps en temps de la nouveauté ? Ou bien ce qui est beau en réalité c’est que nous parvenons à faire du neuf avec du déjà vu. Recréer sans cesse en rendant moderne ce qui a été oublié par désuétude et prendre le meilleure des tendances passées.

Et finalement, l’analogie pourrait facilement s’établir avec une partition de musique ! Les combinaisons sont multiples voire infinies mais les notes qui les composent sont finalement les mêmes. Alors oui, la mode se réinvente sans cesse en utilisant les mêmes bases qui fonctionnent. Mais comme dirait Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » !

 

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